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Historique

Depuis toujours, le domaine de la santé est une préoccupation dans les communautés francophones du Canada. Au début des années 2000, la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada a initié des études sur les besoins des communautés, sur l’accès aux services de santé et sur les modèles d’intervention qui ont du succès. Ce souci pour la santé de la FCFAC et les demandes incessantes des communautés francophones pour plus d’équité en ce domaine ont donné naissance à la Société santé en français (SSF). Basée à Ottawa, la SSF a lancé en 2002 un appel d’offres pour la création de réseaux de santé en français.

En 2004, la SSF a financé une étude sur les besoins en soins de santé à Iqaluit. Dans la foulée de cette étude, l’Association des francophones du Nunavut a répondu à l’appel de la SSF en mettant sur pied le SAFRAN ou Santé en français au Nunavut. 

Grâce au financement de la SSF, le SAFRAN a amorcé la liaison avec les intervenants professionnels de la santé et a mis sur pied un comité consultatif afin de réaliser une étude plus poussée sur les besoins et les attentes de la communauté en matière de services et soins de santé. Cette démarche a entraîné la publication en 2006 du rapport « Des services de santé en français dans un Nord en mutation ». Jean-Frédéric Beauchesne, consultant et ex-responsable des services de santé primaire du ministère de la Santé du Nunavut, a impliqué une cinquantaine de personnes de la communauté et des services de santé dans cette recherche. 

Une série d’articles de fond présentant les enjeux de cette étude fut publiée dans l’hebdomadaire l’Aquilon sous la plume du responsable du SAFRAN. Le ministère de la Culture, de la Langue, des Aînés et de la Jeunesse du gouvernement du Nunavut a reconnu dans son rapport annuel (2006) cette contribution du SAFRAN dans l’appui à l’organisation de services de santé pour la communauté francophone.

Les responsables qui se sont succédés à la tête du SAFRAN ont contribué à l’organisation d’activités et de projets visant la promotion de la santé et la prévention des maladies. De 2005 à 2007, ils se sont joints aux réseaux Santé du Yukon et Santé des Territoires du Nord-ouest pour organiser des campagnes contre le tabagisme en milieu scolaire et dans la communauté. Ces campagnes ont pris différentes formes telles que : la production et la diffusion de messages radio et de mini-clips par les écoliers, la tenue de sessions d’information par une infirmière de santé publique, la diffusion de brochures et guides santé. La tournée du spécialiste, Richard Pesant, sur les dépendances aux substances psychoactives, fut organisée en 2007 à Iqaluit et à Yellowknife.

Cette collaboration territoriale a mené au début de 2007 à la présentation d’une déclaration commune des trois réseaux santé devant le Comité parlementaire sur les langues officielles de la Chambre des communes à Ottawa.

Le SAFRAN s’est structuré peu à peu par la constitution d’une gouvernance. Un noyau de professionnels et gestionnaires de la santé, des services sociaux et de l’éducation se sont joints au SAFRAN, et ont participé à sa structuration et en ont assumé sa direction. À la demande du directeur du SAFRAN, un membre du CA de l’Association des francophones du Nunavut a été nommé pour assurer la liaison au fiduciaire des contributions de la SSF. Madame Diane Charles a exercé ce mandat pour 2007, suivie de Madame Suzanne Laliberté en 2008.

En matière de gouvernance, le SAFRAN puis le Résefan se sont inspirés du modèle promu par l’Organisation mondiale de la santé et repris par la SSF, tout en y faisant des adaptations respectant les conditions du territoire. Ce modèle a favorisé la concertation et la mobilisation de cinq composantes du secteur de la santé à savoir : la communauté, les professions de la santé, les gestionnaires d’établissement, les autorités gouvernementales et les institutions académiques.

Robert Nevin a été nommé premier président du SAFRAN et a représenté le Nunavut au conseil d’administration de la SSF. En 2007, une délégation de cinq représentants du SAFRAN a participé au congrès bisannuel de la Société santé en français. Les outils d’identification des services de santé en français ont commencé à être affichés à Iqaluit, à la pharmacie Northmart et à la Clinique de santé familiale. De 2006 à mars 2008, des représentants du SAFRAN ont accordés des entrevues aux médias locaux et à la radio CFRT. Ils ont produit également des capsules d’information et des messages d’intérêt public concernant l’évolution du dossier santé et la promotion de la santé. Le bulletin électronique Info-Réseau du SAFRAN est distribué aux abonnés de son Annuaire des intervenants en santé et services sociaux. 

Robert Nevin, avec la collaboration de Daniel Hubert, a présenté à l’Assemblée générale annuelle de l’AFN de 2007 la Proposition de modèle d’organisation de services que le SAFRAN avait réalisée avec l’aide de la consultante Suzanne Nicolas. Le modèle a reçu l’appui formel des organismes d’Iqaluit et de quatre réseaux de santé de différentes provinces. La Proposition a été adoptée par l’Assemblée de l’AFN et a été transmise au ministère de la Santé et des Services sociaux du Nunavut. À la fin 2007 et au début 2008, des discussions se sont amorcées avec le MSSS sur la mise en œuvre de ce modèle d’organisation. 

Les diverses contributions de la SSF ont permis une diversification des activités du SAFRAN. En prévention des maladies, le Centre de santé publique d’Iqaluit et le SAFRAN ont mis sur pied à l’automne 2006 la clinique de vaccination en français contre la grippe saisonnière. L’expérience a été répétée avec succès en 2007.

En promotion de la santé, en 2007, le SAFRAN a coproduit avec l’École des Trois-Soleils un film de sensibilisation environnementale dans le cadre d’une activité scolaire. La présentation du film a regroupé quatre-vingt-dix personnes par un beau dimanche après-midi, jeunes et familles, enseignants et réalisateurs du film, dont Martin Ouimet. 

En organisation de services, un partenariat entre le SAFRAN et la Commission scolaire francophone du Nunavut a mené à la consolidation de la présence de professionnels de la santé tels que psychologues et orthophonistes à l’École des Trois-Soleils. Le centre de documentation du SAFRAN a alimenté les enseignants en outils et guides. Le 7 avril 2007, le SAFRAN a diffusé les outils d’information sur la sécurité sanitaire internationale dans le cadre de la Journée mondiale de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Au printemps 2008, les activités et projets en santé ont cessé. Ils n’ont repris que lorsque les membres du SAFRAN ont créé le Résefan. Ce dernier est devenu le fiduciaire des contributions de la SSF en 2009. Le Résefan a renouvelé l’appui aux services de santé aux enfants de l’école primaire, a créé une structure de direction, a établi un secrétariat et a conçu des instruments d’information.

À l’automne 2009, un plan d’organisation a été adopté, des priorités ont été identifiées, et une programmation a été établie par le conseil d’administration. Le réseautage des professionnels, l’appui à la formation continue, les activités de promotion de la santé, les interventions auprès du MSSS pour la valorisation des services en français : autant de domaines dans lesquels le Résefan investit de plus belle.

Comme en témoigne les rapports annuels contenus sur notre site, de 2009 à 2013 a été une période riche en activités et projets. Nous retiendrons notamment le projet triennal Pijitsirniq par lequel le Résefan a soutenu l’intervention de spécialistes en milieu scolaire et a travaillé à élaborer avec ce dernier des instruments d’évaluation de la santé des élèves. 

Ce même projet a été une occasion d’appuyer le CPE Les Petits Nanooks dans l’amélioration de son environnement, l’information en matière de santé, la formation du personnel. C’est par ce projet, financé par la SSF suite à un appel de propositions, que le Résefan a pu établir une entente de coopération avec le Conseil Saisis la vie du Nunavut, organisme chargé de la prévention du suicide. Le recrutement médical a donné lieu à une série de rencontres avec des organismes hors-Nunavut en mesure d’offrir des services en français pour présenter les besoins et le contexte de pratique médical. Cette tournée s’est conclue avec une offre de coopération faite au ministère de la Santé du Nunavut par deux organismes du Nouveau-Brunswick. 

Enfin dans ce cycle de financement triennal notons l’émergence du Service d’accueil et d’intégration des professionnels du Résefan par lequel nous avons mené des projets pilotes de clinique d’acupuncture, de clinique de médecine podiatrique, d’ateliers en nutrition-plein air. Dans un esprit de rétention de nos ressources professionnelles et personnes qualifiées en mieux-être nous avons réalisé un programme pluriannuel de bourses de perfectionnement qui a connu un bon succès.

Ce service étend maintenant son action aux stages d’étudiants avec la collaboration d’universités. Cela n’est pas sans lien avec les activités menées en collaboration avec le Consortium national de formation en santé qui regroupe des collèges et universités. Reconnu comme membre du Partenariat régional du CNFS le Réseau a accueilli la direction du CNFS lors de sa visite terrain et contribué à l’organisation d’activités comme de la formation sur l’offre active ou les journées Carrières en santé en milieu scolaire. 

Le RÉSEFAN continue d’organiser ses actions autour des besoins de la population francophone. Nous vous invitons visiter notre site web et à lire nos rapport annuels pour plus d’information.
 

 

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